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 Dossier : L'amnésie Traumatique

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Mychild
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Féminin Messages : 2598
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MessageSujet: Dossier : L'amnésie Traumatique   Ven 15 Fév 2013 - 0:05

L'Amnésie Traumatique


Dans certains cas,
en particulier lorsque la victime a été agressée jeune, elle peut souffrir d'amnésie traumatique : il s'agit d'une des conséquences psychiques possibles, parmi les autres. Cet oubli est une forme de refoulement qui permet en quelque sorte à la victime de survivre à l'insupportable :


cependant, les conséquences des agressions restent entières et identiques (voir liste ci-dessus) à cette différence de taille que la victime ne les comprend pas tant que le souvenir n'est pas venu les éclairer rétroactivement.

Tôt ou tard, les souvenirs et les images remontent, plus ou moins fragmentés et complets. Cette opération psychique se réalise systématiquement à la faveur d'un
ou plusieurs événements : événement en lien avec la maternité (grossesse, accouchement, par exemple), événement familial (réunion familiale, mariage, divorce, naissance), rencontre amoureuse, relation sexuelle, film ou émission télévisée, ... ou un événement apparemment sans aucun lien avec l'agression sexuelle.

Une psychothérapie ou une analyse favorise la résurgence des souvenirs.

Lorsque les souvenirs remontent (sous forme de flashs, d'images incontrôlées,
de cauchemars, ...par exemple), la victime a souvent du mal à faire la part des

choses entre le réel et l'imaginaire : cette découverte ou redécouverte est la
plupart du temps traumatisante et très douloureuse. Elle cherche parfois à
savoir s'il est possible d'oublier pareil événement, comme un viol ou des
agressions sexuelles ...



Dans d'autres cas, la victime n'a aucun doute sur les faits mais les souvenirs peuvent rester incomplets : pas de souvenirs de l'agresseur, des conditions des agressions, des détails, par exemple.



Les mécanismes des psychotraumatismes


La mémoire traumatique


Peut-être pensez-vous être "inadapté(e) à la vie", "particulièrement fragile"
ou" né(e) comme ça", ce n'est pas le cas : tous ces symptômes et comportements s'expliquent et sont les conséquences habituelles des violences, ils sont liés à des mécanismes de sauvegarde neurobiologiques exceptionnels connus depuis peu, mis en place par le cerveau pour échapper au risque vital que font courir les violences.

Ils peuvent être traités par des professionnels de la santé spécialisés, mais sont encore rarement identifiés, dépistés, diagnostiqués, et pris en charge. Une violence à laquelle on ne peut pas échapper crée un stress extrême et une forte
réponse émotionnelle
qui entraîne un risque vital cardio-vasculaire et neurologique par "survoltage" (comme dans un circuit électrique).
Pour arrêter ce risque fonctionnel, le circuit neuronal "disjoncte" automatiquement grâce à la sécrétion de drogues dures
sécrétées dans le cerveau (endorphines à hautes doses et drogues "kétamine-like").

Cette déconnexion "éteint" la réponse émotionnelle et entraîne une anesthésie psychique
et physique, un état dissociatif (conscience altérée, dépersonnalisation, être spectateur de soi-même) et des troubles de la mémoire, dont une mémoire traumatique
:
"hypersensibilité émotionnelle" piégée, isolée par la déconnexion, qui n'a pas été intégrée "dans le disque dur du cerveau", c'est une véritable bombe à retardement,
prête à "exploser" à l'occasion de toute situation rappelant les violences,
en redéclenchant la même terreur, la même détresse, les mêmes
sensations
, de façon incompréhensible quand on ne connaît pas ce phénomène.

La vie devient alors un terrain miné et pour éviter de déclencher la mémoire traumatique le patient est obligé de mettre en place des conduites d'évitement.

Mais quand les conduites d'évitement ne suffissent plus, souvent seules des conduites
dissociantes
dont on a soi-même fait l'expérience de leur efficacité peuvent calmer l'état de détresse.


Les conduites dissociantes


Il s'agit de redéclencher la disjonction du circuit émotionnel
en augmentant le niveau de stress (par des conduites agressives et/ou auto-agressives, des conduites à risques, dangereuses, des conduites addictives) ce qui va entraîner
une anesthésie affectives et physique, une dissociation et calmer l'angoisse, mais va
recharger et aggraver encore plus la mémoire traumatique et créer une dépendance aux drogues dures sécrétées par le cerveau.



Ces conduites dissociantes qui s'imposent sont paradoxales et déroutantes à la fois pour les personnes victimes de violences et pour les professionnels qui s'en
occupent (quand ils n'ont pas été formés pour les reconnaître).

Elles sont responsables de sentiments de culpabilité et d'une vulnérabilité accrue face aux agresseurs, lesquels par expérience connaissent bien ces phénomènes dont ils profitent pour assurer leur emprise sur des victimes et les instrumentaliser pour leur confort personnel.
Les violences ont un impact catastrophique sur la santé.

Une prise en charge médicale spécialisée et psychotérapeutique permet de
relier les symptômes psychotraumatiques aux violences, d'en comprendre les
mécanismes, de le contrôler, et d'y échapper.


SOURCE1




La Loi du Silence



Développement personnel : les stratégies du silence

La loi du silence est d’habitude une loi imposée par la honte. Les silences sont pleins de douleur et d’angoisse.
Lorsqu’un enfant est blessé, violé, rejeté, battu, il portera en lui les stigmates de cette douleur inscrite dans son silence et dans son corps jusqu’à l’oubli.

Par V. Cherki et B. Roussillon
Un article publié dans le magazine Emergences

Extraits :
« l’expérience de la honte est si pénible que celui qui l’a éprouvée un jour fait tout pour l’oublier. La honte ne se dissimule pas seulement aux autres, elle se cache d’abord à soi-même. »
Le silence de la honte n’est pas l’apanage des femmes.
Parce que nous sommes femmes, ce sont surtout les hontes des femmes qui nous avons rencontrées, notamment dans des groupes de paroles de femmes.
Dans le secret de nos cabinets ou dans l’intimité de nos groupes de parole, des silences scellés par la honte sont enfin levés. Beaucoup sont relatifs à des violences subies : abandon, rejet, violences physiques ou sexuelles. Nous traiterons ici des violences sexuelles parce que ce sont elles qui nous ont le plus touchées.


Pourquoi oublie-t-on que l’on a été violé(e) ?

Il n’y a pas que les femmes qui subissent le viol et l’inceste - on l’a bien vu dans le film Festen - mais c’est quand même probablement elles qui en sont les plus fréquentes victimes.
Nous pouvons constater la fréquence et la banalisation du viol, ou de l’inceste,
exercés sur les enfants.

Il est un fait qui peut surprendre : la plupart du temps, la personne qui a subi un viol dans son enfance a oublié ce qui lui était arrivé. Combien de fois avons-nous vu une cliente retrouver, à la faveur d’un travail en régression, des souvenirs de ce type, sans aucune
suggestion de notre part ?

Avant de retrouver ce souvenir, la personne vivait simplement un malaise diffus, aussi intense qu’inexplicable.
Elle n’arrive pas à faire des choix, ce qui l’empêche d’agir et la maintient
dans une angoisse chronique. Elle a souvent des problèmes d’addiction qui
s’ajoutent à sa honte première dont elle n’a souvent pas clairement conscience.
Elle entretient un mépris d’elle-même et traverse sa vie en se sentant perdue,
même si les autres ne s’en aperçoivent pas. « Si les autres savaient, si les
autres voyaient ... »

L’individu, homme ou femme, se tait, « se tue », se cache derrière l’image de lui-même qu’il donne à voir. Chacun de ses silences, du premier au dernier, est un pas vers la mort. Le sujet se protège jusqu’à oublier qui il est. Ne restant de lui, encore vivant, que
l’angoisse d’être anéanti.

Pourquoi un tel oubli de ce qui lui est arrivé ? Parce que l’adulte violeur a fait promettre à l’enfant qu’il était de ne rien dire, ou parce que l’enfant lui-même se l’est promis ? Peut-être, mais cet oubli va plus loin : la personne oublie pour ne plus jamais sentir le
souvenir de cette expérience destructrice insupportable et la honte qui en
résulte. La honte est un trou noir de l’âme : elle dévore l’énergie de la personne et se rend invisible à elle.
Le face-à-face avec la honte est insoutenable et risquerait de mener au suicide. Alors la seule manière de survivre est d’« oublier ». Mais la honte reste là, à visage caché, en imposant continuellement sa loi.


Oser se rappeler

M., lors d’un travail de type bioénergétique, retrouve la chambre de ses parents, son petit lit, dans le coin, quand elle a trois ans. Là voilà avec une voix, des mots et une
intonation de toute petite fille (qu’elle serait incapable de reproduire en
temps normal) pour évoquer les visites nocturnes de son père, visites qu’elle
avait totalement oubliées. Elle se rappelle le signe de son père, le doigt posé
sur les lèvres « Tout cela doit rester entre nous, sinon... » et elle plonge
pendant quelques instants dans un état catatonique.

Le système était presque parfait :
l’enfant est mis dans la complicité de l’acte, il doit donc être complice du
silence. Il sait qu’il y a eu faute, et dans son raisonnement d’enfant, il est
sûr que c’est à cause de lui. En tout cas, il a laissé faire : qui ne dit mot
consent. Et personne ne le détrompera, puisqu’il va se taire. Il va se taire,
et il va même oublier. Et l’adulte va oublier, ou faire semblant, ce qui
revient au même. Il ne va rester de cela qu’un malaise et un sentiment de honte
inexplicable que l’enfant va transporter dans sa vie d’adulte.

Ce qui permet au souvenir de
ressurgir, c’est la présence de l’autre, souvent un thérapeute, qui peut tout
entendre sans juger, même ce qui paraît immonde. Pour que la personne puisse
raconter à quelqu’un et se raconter à elle-même ce qui lui est arrivé.

Une fois que le souvenir est
recontacté, il faut d’abord que la personne y croie : « Je me raconte des
histoires... Ce n’est pas possible. Pas lui ! Et ma mère n’aurait quand même
pas laissé faire !... » Quelle difficulté pour se donner raison ! Peu à peu, le
sujet honteux se rend à l’évidence : cet événement fait décidément sens pour
lui : il lui rend intelligibles des aspects de lui-même ou des comportements
des autres qu’il ne déchiffrait pas jusqu’alors.

Il existe un point troublant qui
montre la violence de ce qui a été vécu et la profondeur de l’oubli : très
souvent, la personne en vient à la certitude « qu’il s’est passé quelque chose
», elle se remémore ce qui s’est passé l’instant d’avant le viol, et l’instant
d’après, et entre les deux, il y a trou dans le souvenir : l’acte reste le plus
souvent inaccessible à la mémoire. L’expérience ne revient pas complètement au
conscient, mais le corps se souvient de tout.



Suffit-il de parler pour obtenir réparation ?

La personne a alors le sentiment - généralement illusoire - que pour pouvoir sortir vraiment de la honte, elle doit faire apparaître la vérité au grand jour et obtenir une certaine réparation, au moins par la reconnaissance des faits par le ou les coupables.

Elle va d’abord s’adresser à l’auteur du méfait, face à face, à huis clos. Hélas, elle va presque invariablement rencontrer un déni : non, rien n’a eu lieu. Dans le meilleur des cas, le déni sera gentil : « Tu m’étonnes, je ne me souviens de rien ... ». Il pourra être
plus virulent et taxer le questionneur de folie et de calomnie.

« Eh bien, qu’à cela ne tienne, se dit-il (elle), puisque c’est ainsi, je vais alerter tout le clan familial, faire sortir le scandale au plein jour. Il l’aura voulu ! » Elle écrit la
lettre dénonciatrice et l’adresse à toute la famille. Résultat ? On préfère ne
pas le/la croire, sauf peut-être quelques exceptions, des personnes qui lui
diront « Ah oui, toi aussi ? ». On ne lui répond pas ou on répond pour annoncer
que l’on coupe définitivement les liens ; et on la prie de laisser la famille
en paix, en particulier la jeune génération...

Le sujet qui avait rassemblé tout son courage pour sortir du silence de la honte et être enfin reconnu dans sa souffrance, se retrouve accablé d’opprobre et exilé de sa propre famille : il devient le bouc émissaire.

La blessure est terrible mais la personne est à un point où elle a probablement les moyens de le supporter et d’en tirer la leçon. Au moins, le mensonge est levé et la personne retrouve de l’estime d’elle-même, et des alliés ailleurs que dans cette famille dont elle sait
maintenant qu’elle n’a plus rien à attendre. Comme disait l’une d’entre elles,
« Avant, je me sentais enfermée avec eux, dans ce secret honteux. Maintenant, la
serrure est toujours fermée, mais eux sont dedans, et moi dehors, sans eux. »

Le film Festen donne une issue différente, puisque le coupable est confondu ; là, c’est lui qui doit s’exiler.

Mais rappelez-vous l’hésitation du jeune homme à révéler la vérité. Quand il se
décide enfin à faire sa déclaration publique, sa mère préfère protéger le
secret de son mari incestueux et trahir son fils en rappelant que ce jeune
homme a toujours eu beaucoup d’imagination... Il faudra une pièce à conviction
indiscutable, extrême, la lettre que la sœur, elle aussi victime du père, a
écrite avant de se suicider.

Pour être cru, il fallait que ce témoignage soit
assorti d’un suicide. La jeune femme, vivante, n’aurait sans doute pas recueilli
plus d’écoute ni de sympathie que son frère si elle avait, comme lui, simplement
énoncé son témoignage à la table familiale.

Dans ce cas exceptionnel, le jeune homme a obtenu réparation, en tout cas justice, puisque son père est confondu, destitué, contraint à quitter la famille.
Est-il pour autant libéré de son tourment ? Il a été entendu comme justicier, il aura encore besoin d’être patiemment, tendrement, inlassablement écouté dans l’intimité de sa blessure.


Comment la guérison peut-elle advenir ?

Une personne aux prises avec sa douleur doit tout d’abord s’engager à se rencontrer elle-même et à s’exprimer
ouvertement dans des lieux sécurisants prévus à cet effet. Se comprendre et
s’écouter par un travail d’introspection et simultanément se confronter à lui
dans la relation à l’autre.

Dans ces lieux protégés, les groupes
de femmes et les groupes d’hommes sont des endroits privilégiés pour faciliter
l’expression des secrets enfouis et sortir de l’isolement Entre hommes et
femmes, le langage est si différent et la communication parfois si difficile à
établir qu’une étape de transition essentielle est nécessaire avant la
rencontre. Nous avons d’abord besoin d’un espace où, en toute sécurité, nous
pouvons nous sentir accueilli(e), compris(e), écouté(e), soutenu(e) et libre de
nous exprimer sans rencontrer le jugement des autres.

Un lieu où les expériences puissent
s’échanger, où l’on cesse enfin de se sentir seul(e) au monde, contraint(e) de
dissimuler cette horreur intime qui doit rester à jamais secrète.

Un lieu où nous pouvons nous remettre
en lien avec les autres, sans plus attendre des coupables du passé une réparation
qui ne viendra jamais.

Un lieu où nous pouvons exprimer notre
rage sans la faire porter à ceux que nous rencontrons maintenant dans notre
vie, sans en faire un poison entre nous et ceux que nous désirons aimer.

Un lieu où nous apprendrons à choisir,
à décider, à donner des limites claires et précises.

Un lieu où nous pourrons nous essayer
à poser des actes pour stopper ces schémas répétitifs d’humiliation.

SOURCE 2


Dernière édition par Mychild le Ven 15 Fév 2013 - 16:35, édité 2 fois (Raison : Mise en page (non finie))
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MessageSujet: Re: Dossier : L'amnésie Traumatique   Mer 27 Mar 2013 - 23:57

Merci Mychild....

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