[b]Les symptômes physiques fortement suspects d’une agression sexuelle chez l’enfant [/b]
Evelyne Josse, 2011Dans l’article précédent, nous avons vu que les violences sexuelles
faites aux enfants sont un phénomène de grande ampleur rarement dévoilé
par les jeunes victimes. Or, pour qu’une aide adéquate puisse leur être
offerte, il est impératif que l’agression soit connue des adultes
responsables.
Tous les intervenants potentiels auprès des enfants sont concernés
par la problématique des violences sexuelles infantiles : personnel
médical, corps enseignant, éducateurs, voisins, parents, etc. Pour
qu’ils soient en mesure de les déceler, il faut qu’ils les suspectent et
qu’ils puissent en reconnaître les manifestations.
Dans cet article, nous allons lister les symptômes physiques qui doivent toujours faire soupçonner une violence sexuelle :

La présence de sperme sur le corps de l’enfant ou sur ses vêtements.

Des
lésions au niveau génital, périnéal et anal, des saignements vaginaux
et rectaux ainsi que des douleurs pelviennes, génitales ou anales.
*Soulignons cependant que l’intromission par l’enfant lui-même d’un
objet tel un jouet dans le vagin ou l’anus peut provoquer des lésions
similaires à celles causées par une agression sexuelle.

Les
infections sexuellement transmissibles pouvant se signaler par des
douleurs, une leucorrhée (pertes blanches), des ulcérations, des
démangeaisons ou une irritation.
* Notons toutefois que certains germes peuvent être transmis de la
mère à l’enfant in utero, au moment de l’accouchement ou par
l’allaitement au sein. La contamination par transfusion sanguine ou par
contact avec du sang, des sous-vêtements et des objets de toilette est
également possible pour certaines maladies.
* Un herpès vaginal au-delà de 3 mois, des trichomonas chez un
nourrisson de plus de 6 mois, une gonorrhée chez un enfant de plus d’un
an ou des Chlamydia après l’âge de 3 ans donnent une quasi certitude
d’abus sexuel. Il en est de même d’une syphilis ou d’un VIH lorsque la
mère est séronégative pour ces infections.

Les
contusions et les déchirures hyménales sont suspectes surtout si les
lésions sont importantes. A contrario, l’absence de déchirure de l’hymen
n’exclut pas une agression sexuelle. En effet, il peut y avoir
pénétration vaginale sans déchirure de l’hymen et violence sexuelle sans
pénétration vaginale.
* Il est fréquent qu’un enfant victime d’une agression sexuelle soit
exposé à des violences d’une autre nature. Ainsi, par exemple, les
familles violentes sont plus susceptibles que les autres d’abuser
sexuellement de leurs enfants. En cas de suspicion de maltraitance
physique, les intervenants devront donc être attentifs aux éventuels
indices de violence sexuelle.
* Souvent les symptômes physiques de violence sexuelle ne sont pas
aussi nets, aussi graves ou aussi caractéristiques que ceux décrits
ci-dessus. Dans le prochain article, nous verrons quels sont les signes
discrets incitant à envisager l’éventualité d’un abus sexuel en raison
du contexte dans lequel ils surviennent.
source:
http://www.resilience-psy.com/spip.php?article180